Besse-sur-Issole
Ce sera donc un duel. Le premier tour des élections municipales n’a pas départagé dimanche Eric Collin, le maire sortant, (41,25 %), de Paul Bruletti, ancien adjoint démissionnaire (33,98 %) et Alain Salabert, conseiller municipal d’opposition (24,77 %). Un scrutin marqué par une abstention de 35,27 %. Alors que Paul Bruletti avait évoqué des échanges lundi pour une éventuelle fusion avec Alain Salabert, ce dernier, alors « dans l’expectative », a finalement tranché hier son avenir pour le scrutin. « Je n’ai pas eu d’échanges avec Paul Bruletti, certains membres de mon équipe lui ont parlé, clarifie-t-il d’emblée. Je ne me maintiens pas en vue du second tour. Je remercie les électeurs qui ont voté pour nous et je les laisse libre de choisir la liste qui leur conviendra le mieux dimanche », conclut-il, mettant ainsi un terme à sa longue carrière politique locale. Dimanche, les 2 770 électeurs de Besse-sur-Issole devront donc trancher entre Eric Collin et Paul Bruletti.
Dans un esprit de dialogue et de transparence, nous avons proposé l’organisation d’un débat public réunissant les trois listes en présence.
Notre intention était simple : permettre aux Bessoises et aux Bessois d’entendre les différentes visions pour l’avenir de notre commune, dans un cadre respectueux et démocratique.
Nous avions formulé une proposition de date et restions naturellement ouverts à toute discussion sur les modalités d’organisation, afin que ce moment puisse se tenir dans des conditions partagées et équilibrées.
Les deux autres listes ont fait le choix de ne pas y participer.
Nous le regrettons, car nous pensons que le débat d’idées est un exercice démocratique utile et sain.
Notre porte reste ouverte, comme elle l’a toujours été, pour échanger dans le respect et l’intérêt exclusif de Besse-sur-Issole.
» Les dépenses de personnel ont augmenté de 22.36 % sur la mandature «
FAUX Les 22,36 % correspondent au pourcentage entre l’année 2019 et l’année 2024. Cet indicateur n’est pas pertinent puisqu’il ne traduit absolument pas l’évolution des charges de personnel. Vous trouverez ci-dessous l’évolution réelle.
Monsieur Bruletti oublie de préciser que les charges de personnel représentaient en 2019 62.76 % des charges CAF alors qu’en 2024 ces charges de personnel ne représentent que 55.25 %.
Année | Milliers euros | Évolution n/n-1 | En % charges CAF |
2019 | 1748 | 62.76% | |
2020 | 1868 | 6.86% | 65.20% |
2021 | 2005 | 7.33% | 63.52% |
2022 | 1938 | -3.34% | 60.32% |
2023 | 2058 | 6.19% | 57.82% |
2024 | 2139 | 3.94% | 55.25% |
La comparaison année par année nous montre que les charges de personnel sont stables.
Le pic de 2023 correspond :
Comme pour toute Commune, l’effet GVT (glissement vieillesse-technicité) est effectivement de l’ordre de 1 à 2 % par an en raison de l’avancement d’échelon automatique des agents.
Charges de personnel | Evolution | Effectifs | |
2019 | 1 836 032.78 € |
| 49 |
2020 | 1 946 283.63 € | 6.00% | 50 |
2021 | 2 046 329.34 € | 5.14% | 52 |
2022 | 2 024 393.15 € | -1.07% | 50 |
2023 | 2 094 272.66 € | 3.45% | 50 |
2024 | 2 164 264.41 € | 3.34% | 49 |
2025 |
|
| 48 |
Evolution moyenne 2019 à 2025 | 2.78% |
| |
Les effectifs baissent régulièrement depuis 2021 grâce à la réorganisation des services sans recours aux recrutements.
L’analyse détaillée de l’évolution des dépenses de personnel montre donc une gestion rigoureuse et maîtrisée malgré un contexte d’inflation et de réformes nationales.
« Les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 23.33 % entre 2019 et 2024 »
FAUX Les 23,33 % correspondent au pourcentage entre l’année 2019 et l’année 2024, cela ne traduit absolument pas l’évolution des dépenses. Vous trouverez ci-dessous l’évolution réelle.
Il est effectivement aisé d’aligner des chiffres sans les mettre en perspective, on pourrait aussi dire que les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 70 % entre 1950 et 2024………………
Dépenses | ||
Année | Milliers euros | Évolution n/n-1 |
2019 | 3446 |
|
2020 | 2958 | -14.16% |
2021 | 3179 | 7.47% |
2022 | 3264 | 2.67% |
2023 | 3608 | 10.54% |
2024 | 4250 | 17.79% |
Evolution moyenne 2019-2024 | 3.56% | |
De plus, Monsieur Bruletti a omis d’évoquer les recettes de fonctionnement. Elles ont augmenté chaque année sans hausse de la fiscalité locale. Selon la méthode de calcul de Monsieur Bruletti, l’augmentation est de 14,09 %. L’évolution réelle est décrite ci-dessous.
Recettes | ||
Année | Milliers euros | Évolution n/n-1 |
2019 | 3691 |
|
2020 | 2976 | -19.37% |
2021 | 2976 | 0.00% |
2022 | 3235 | 8.70% |
2023 | 3733 | 15.39% |
2024 | 4211 | 12.80% |
Evolution moyenne 2019-2024 | 2.22% | |
Les dépenses de fonctionnement ont été maîtrisées malgré l’inflation des coûts de l’énergie et des matières premières qui pèse sur les charges à caractère général de toutes les collectivités territoriales.
« Qu’en est-il de la capacité d’autofinancement (CAF) ? »
Voici les chiffres :
Année | CAF | Excédent brut |
2019 | 273 | 346 |
2020 | 46 | 128 |
2021 | -180 | -55 |
2022 | -2 | 49 |
2023 | 142 | 200 |
2024 | -28 | 186 |
L’évolution de la CAF et des excédents bruts ci-dessus montre effectivement une tendance à la baisse car la commune a fait le choix de financer ses investissements sans avoir recours massivement aux emprunts (option retenue lors de la précédente mandature).
La Commune a su maintenir ses projets phares : 2,75 M d’investissement ont été réalisés entre 2020 et 2024 (les chiffres 2025 n’étant pas encore consolidés).
En 2023, la Commune a renforcé ses recettes de fonctionnement grâce à la gestion en régie du camping municipal (environ 170 000 € de recettes).
De plus, la Commune a fourni un effort notable durant le mandat pour réduire sa dette. Entre 2021 et 2024, la dette de Besse-sur-Issole a ainsi diminué de plus de 21 %.
A fin 2024, le niveau d’endettement de la Commune est inférieur de 14 % à la moyenne des Communes de même strate démographique.
En 2024 toujours, à Besse-sur-Issole, la dette par habitant est de 546 € contre 635 € pour les Communes de même strate.
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Nous avons tout de même un point d’accord avec Monsieur Bruletti : maîtriser les finances, c’est protéger l’avenir des habitants de Besse-sur-Issole.
Pour favoriser la transition énergétique et maîtriser durablement nos finances, nous souhaitons la réalisation du parc photovoltaïque n° 2 qui rapportera à la Commune une redevance, hors retombées fiscales, de 225 000 € /an pendant 41 ans.
De quoi envisager sereinement la poursuite des projets structurants pour le village.
Nous tenons aussi à rappeler à Monsieur Bruletti que le mandat a débuté en 2020, dans un contexte marqué par le COVID, et non en 2019.
Maire de Besse depuis 2020, Éric Collin est candidat à sa succession en mars 2026. « Nous étions novices lorsque nous sommes arrivés à la mairie », rappelle l’édile. « Nous avons appris sur le tas. Il est clair qu’il est nécessaire de faire un autre mandat pour terminer tout ce que nous avons entrepris. » Accompagné d’une liste « sans étiquette et apolitique, et renouvelée aux deux tiers » intitulée « Ensemble pour Besse », le premier magistrat énumère les projets à terminer : « Il y a la création d’un deuxième parc photovoltaïque de 16 hectares, lequel permettrait à la commune de dégager 250 000 euros de rente par an jusqu’en 2041. Il y a le désenclavement du village avec un rond-point et des parkings pour faciliter l’accès au centre-ville, ainsi que l’aménagement des bords du lac. Deux aménagements menés dans le cadre du programme « Village d’avenir ». »
L’édile a aussi mentionné « la maison intergénérationnelle prévue entre le collège et l’Ehpad, dont les travaux doivent débuter au début de l’année 2026 ».
De nouveaux projets dans les cartons
« Nous avons aussi émis plusieurs nouvelles idées avec les membres de la liste », annonce le Bessois. « Nous envisageons de déménager la police municipale à la Perception. Nous souhaitons créer une maison des associations dans les locaux de l’ancienne mairie », enchaîne Éric Collin. « Nous avons aussi pour projet l’agrandissement du camping municipal permettant de doubler son nombre d’emplacements et réfléchissons à la création d’une aire dédiée aux camping-cars. » Et de rester prudent : « Tout dépendra du budget de la commune dans un contexte de baisse des dotations de l’État. »
Un bilan à défendre
À ce sujet, l’élu se félicite de sa gestion : « Nous avons fait 2,75 millions d’euros d’investissements sans le recours à l’emprunt et baissé la masse salariale de 4,5 équivalents temps plein, tout en investissant dans tous les domaines. » À ce sujet, Éric Collin en profite également pour défendre le bilan de l’équipe municipale. « Nous avons réussi à redynamiser notre commune », estime-t-il. « Nous sommes parvenus à rénover totalement la place Noël-Blache, essentielle à la vie du village ; nous avons amélioré l’accessibilité du centre. L’éclairage de la commune est désormais passé en LED à 100 %. » Et de poursuivre : « Nous avons relancé le Comité communal feux de forêt (CCFF), la Maison des jeunes et rouvert la bibliothèque municipale. »
« Nous avons aussi amélioré la communication de la municipalité, et créé une astreinte pour les élus et les services techniques, ajoute-t-il. Le château est vendu. Il va devenir un centre d’art ouvert au public. » Et de conclure : « Notre seul intérêt est celui du village. »
Jérémy Pastor Var Matin